Cléopatra

Gones

Née en 1999 à Amadora, Portugal
Vit et travaille à Paris, France

Les sculptures de Cléopatra Gones, ancrées dans l’expérience des corps et des images, subvertissent les représentations coloniales. À travers le détournement d’objets de beauté, l’artiste révèle les mécanismes d’injustices politiques et économiques.

On rêve d’entrer dans les œuvres de Cléopatra Gones comme dans un espace de soin. Une coiffeuse, des extensions de cheveux, des cotons démaquillants, des éventails, un porte-cheveux : autant d’objets familiers liés à l’intime. Ce qui se joue n’est pas seulement de l’ordre de la représentation, mais d’un geste, celui de réparer, de réorienter et de rendre visible. La pratique de l’artiste s’ancre dans une histoire marquée par la violence des images. Des cartographies coloniales aux industries contemporaines de la beauté, les corps noirs, en particulier féminins, ont été classés, exposés et réduits à des objets d’étude.  Ce qu’elle construit se lit comme un panthéon intime et géographique. Un espace où ces images sont reprises, travaillées et soignées, dans un ensemble de lieux, d’objets et de figures dédiés à la beauté des corps. Les œuvres de Cléopatra Gones deviennent alors elles-mêmes des gestes de soin, de réparation et de réhabilitation face à un ordre colonial contemporain.

— Marilou Thirache